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Sommaire

Temps de lecture : 4 minutes

Et c’est avec une bien triste nouvelle que je viens à vous cette semaine : le 1er janvier 2022, Jean-Charles Terrassier s’est éteint. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez certainement ses travaux. J’ai donc décidé, cette semaine, de revenir sur les exploits et les combats de ce grand psychologue niçois qui a permis de faire de l’accompagnement des enfants précoces ce qu’il est aujourd’hui.

Thème : Les incroyables découvertes de M. Terrassier

  1. Les raisons de son combat : personne ne s’intéressait aux EIP
  2. L’Effet Pygmalion négatif : comment les EIP essaient d’être « normaux »
  3. La dyssynchronie : un développement de l’enfant à double vitesse
  4. Le QI compensé pour prévoir le saut ou redoublement d’une classe

C’est parti pour l’email sympa de la semaine 💫

⚔️ Le début d’un combat

Jean-Charles Terrassier (né à Nice en 1940) est un psychologue français. Assez rapidement dans sa carrière, il s’est rendu compte d’un problème : certains enfants sont « particuliers », et personne n’arrive à les aider. Personne ne s’y intéresse d’ailleurs. En tant que psychologue, il était pourtant confronté à beaucoup d’enfants zèbres dont la précocité passait à la trappe dans l’enseignement qui leur était proposé à l’époque.

C’est ce constat qui marque le début de son combat.

Pour venir en aide à ces enfants spéciaux, il crée avec des amis, parents, orthophonistes, et enseignants, la première association française pour les enfants précoces : l’ANPES (Association Nationale Pour les Enfants Surdoués – qui deviendra par la suite l’ANPEIP : Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces).

Cette association ne vous dit rien ? Vous retrouverez plus d’infos dessus dans la fiche récap que j’ai faite sur les associations pour enfants précoces en France.

Avec l’ANPES / ANPEIP, Jean-Charles Terrassier met au point 3 concepts majeurs encore utilisés à ce jour.

🔎 1. L’effet Pygmalion négatif

Pour comprendre ce que c’est, il faut d’abord s’intéresser à l’effet Pygmalion « normal » (donc pas « négatif »). C’est l’idée que, si on croit à notre propre réussite, elle va arriver. Un peu comme une prophétie auto-réalisatrice, ou certaines techniques de visualisation.

Ici, on part sur l’effet inverse : si je fais semblant de ne pas réussir, alors je vais vraiment devenir « moins bon ». Selon Jean-Charles Terrassier, c’est ce qu’il se passe régulièrement avec les EIP à l’école. Ils font semblant de ne pas connaître les bonnes réponses pour se mettre au niveau des autres, tout en espérant en même temps qu’ils finiront par ne plus les connaître peu à peu. Aujourd’hui, on appelle ça l’Effet Golem (des attentes négatives conduisent à une réelle baisse des résultats).

 

 

👉🏻 Néanmoins, je me dois d’ajouter un argument contraire pour mitiger cette idée. Lorsque l’on fait des tests scientifiques sur une grande partie de la population (des précoces et neurotypiques), on se rend compte que les petits zèbres ont de meilleurs résultats scolaires. J’en avais parlé dans un précédent article sur l’échec scolaire. La plupart ne sauront jamais qu’ils sont HPI car ils ne rencontreront pas de problèmes à l’école qui pourraient déboucher sur une détection.

Evidemment, pour certains EIP l’école entraine de véritables difficultés et il faut absolument les aider en intégrant certains concepts (dont l’Effet Golem fait partie). Mais rendons-nous bien compte d’une chose : il ne s’agit pas là d’une généralité, mais plutôt d’un biais d’échantillonnage de M. Terrassier qui, en tant que psychologue, ne rencontre que des enfants précoces « à problèmes ».

💥 2. La dyssynchronie

Second concept développé par JCT : la dyssynchronie. L’idée, c’est que l‘EIP grandit à « deux vitesses ».

D’un côté, le cerveau va à fond. Très rapidement, il surpasse intellectuellement ses camarades. De l’autre, son développement affectif et psychomoteur est normal. Bref, l’enfant précoce n’est pas précoce dans tous les domaines.

C’est cette dyssynchronie qui pourrait causer l’impression que l’EIP est un adulte dans un corps d’enfant, puis parfois « juste » un enfant. D’un côté il est capable de converser de manière hyper mature avec des personnes bien plus âgées que lui. De l’autre, il peut faire une crise pour une raison bien plus puérile.

👉🏻 Bref, son cerveau est adulte, mais il gère ses émotions et certains comportements comme un enfant.

📏 3. Le QI compensé

La méthode de calcul du QI compensé est quelque chose dont j’ai encore très peu parlé sur le blog. Il s’agit du 3ème concept de Jean-Charles Terrassier.

[Pour bien comprendre cette section, je vous recommande d’être au point sur la notion de QI par rang et de subtests]

 

Le QI compensé est un calcul très simple. On le fait lorsque l’on se demande si l’enfant devrait sauter (ou redoubler) une classe. L’idée, c’est de prendre les réponses de l’enfant à son QI « normal » (appelé QI par rang) et on les re-calcule en fonction de l’âge moyen des élèves de la nouvelle classe.

Vraiment, c’est assez simple à réaliser. On prend les résultats de l’enfant à chaque subtests et on leur applique la correspondance par rapport à l’âge qu’ont les enfants de la classe visée. Si vous voulez, on change l’échelle. On imagine que l’enfant a l’âge qu’ont les enfants de la classe visée.

🎉 Merci JCT

Bref, vous l’avez vu, Jean-Charles Terrassier a développé de nombreux concepts qui nous permettent aujourd’hui de mieux comprendre, aider et accompagner les enfants intellectuellement précoces.

Je pense que l’on peut facilement dire que son combat est une réussite (même si tout n’est pas encore terminé).

Merci JCT !

Promis, la semaine prochaine je viens avec de meilleures nouvelles 😍

À mardi,

Paulo

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