Pourquoi est-ce que l’alcool rend bourré ?

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Pourquoi est-ce que l’alcool rend bourré ?

Comme beaucoup je pense, ma vie étudiante a été assez festive. Et chaque sortie était une occasion pour boire de l’alcool. C’était sympa, mais pendant un temps seulement.

Malgré tout, ce n’est qu’aujourd’hui que je me pose des questions sur les effets de l’alcool dans le corps. Je ne parle pas des effets mauvais sur le long terme, mais plutôt de comprendre comment l’alcool me rend bourré ? Quels sont les principes actifs ? Comment ça marche ? Mais en plus de ça, je voulais comprendre pourquoi est-ce que tout le monde n’est pas atteint de la même façon ? Pourquoi certains semblent plus sensibles que d’autres ?

Le voyage de Monsieur Ethanol dans notre corps

L’alcool est composé d’éthanol, c’est son principe actif. C’est une petite molécule qui ne se compose que de quelques atomes de carbones, et qui est responsable de notre état d’ivresse. Sa simplicité et sa petitesse lui permettent de se faufiler partout entre les membranes de notre corps, et de s’abriter dans de nombreux recoins pour y produire des effets importants.

Voici donc l’incroyable histoire de Monsieur Ethanol qui voyage dans notre corps.

Première étape : l’estomac et la digestion

Après absorption, il arrive dans notre estomac et est peu après assimilé dans notre sang grâce à notre tube digestif. Comme moi, vous avez très certainement déjà entendu dire qu’il était préférable de bien manger avant de consommer de l’alcool afin d’en limiter les effets. À vrai dire, j’étais persuadé que c’était parce que la nourriture ingérée absorbait une partie de l’alcool (un peu comme un éponge). Ce n’est pas du tout ça. En fait, après un repas, le pylore (la séparation entre l’estomac et le petit intestin) se ferme pour ne pas surcharger et embouteiller notre intestin. L’éthanol arrive malgré tout à se faufiler dans ce petit espace, mais bien plus lentement (en gros, on est bourrés moins vite, mais plus longtemps). On estime que le taux d’alcool à jeun est environ 4 fois supérieur à celui après un repas pour une même quantité d’alcool bue.

Deuxième stop : le foie

Le sang transporte l’éthanol fraichement intégré dans notre foie. Deux enzymes vont attaquer l’alcool à tour de rôle :

  • L’enzyme ADH va transformer l’éthanol en acétaldéhyde (c’est une substance toxique) ;
  • L’enzyme ALD transforme cet acétaldéhyde toxique en acétate non-toxique (merci bien).

L’acétate est ensuite éliminé. Cependant, le foie n’arrive pas forcément à transformer tout l’éthanol du premier coup. Il faudra généralement plusieurs tours du système sanguin pour tout éliminer. Du coup, une partie de l’éthanol se dirige droit sur le cerveau et les autres organes.

Cap sur le cerveau

C’est lorsque notre cerveau se retrouve en contact avec l’éthanol que l’état d’ivresse se fait ressentir. En effet, l’éthanol actionne plusieurs leviers une fois sur place :

  • Il freine les fonctionnements du neurotransmetteur GABA et du neurotransmetteur glutamate. Dis comme ça, cela peut sembler flou. Mais en gros, ça rend les neurones beaucoup moins communicatifs. À petite dose, on peut se sentir relaxé(e), détendu(e). Si on en prend un peu plus, on peut s’endormir. Par contre, si on abuse, on peut carrément empêcher l’activité cérébrale nécessaire à la survie. Attention, donc ;
  • Il stimule un petit groupe de neurones dans la région qui s’occupe de notre motivation (elle va du cerveau moyen au noyau accumbens). Dans le noyau acumbens, il participe également à la sécrétion de dopamine (comme toutes les drogues addictives) qui procure un sentiment de plaisir ;
  • L’éthanol stimule aussi la production d’endorphines. Ce sont les endorphines qui nous permettent normalement de nous calmer lorsque l’on stresse ou en vue de danger. Du coup, avec un taux élevé, on a un sentiment d’euphorie et de détente.

Des sensibilités différentes en fonction des individus

La différence hommes / femmes

Si un homme et une femme (qui pèsent le même poids) boivent les mêmes quantités d’alcool, ils n’auront pas les mêmes taux d’alcool dans le sang. Cela vient du fait que les femmes ont généralement moins de sang que les hommes. En effet, elles ont en moyenne plus de masse grasse (il s’agit là d’une moyenne hein, c’est pas moi qui le dis). Les hommes, eux, ont en moyenne plus de muscles que les femmes. Et la graisse a besoin de moins de sang que les muscles, donc les femmes fabriquent moins de sang. Au final, une même quantité d’alcool se dilue dans une plus petite quantité de sang chez la femme, et donc le taux d’alcoolémie s’élève.

La « tolérance »

Boire régulièrement de l’alcool permet au foie de s’habituer à fabriquer les enzymes ADH et ADL, et ainsi de traiter plus rapidement les quantités d’alcool à nettoyer. C’est pour ça que certains gros buveurs (ou du moins des buveurs réguliers) seront bourrés plus lentement. Le foie traite et filtre mieux l’éthanol, et le cerveau en reçoit moins. 

Par contre, si on boit trop d’alcool sur la durée, on risque de fatiguer notre foie. Au final, il fabriquera moins bien les deux enzymes. Cela aura pour but l’effet inverse. On va être bourrés plus vite.

La loterie génétique

Comme toujours, nous ne sommes pas tous égaux. Ainsi, notre sensibilité à la dopamine, GABA, endorphines, etc. peut varier d’un individus à l’autre, et du coup altérer notre sentiment d’ivresse.

Conclusion

L’alcool, c’est le mal.

  • L’éthanol est nettoyé du sang par le foie. Cependant, certaines quantités ingurgitées sont trop importantes et il ne peut pas tout faire d’un coup. Une partie de l’éthanol se retrouve alors dans le cerveau ;
  • C’est l’éthanol dans le cerveau qui donne la sensation d’ivresse. En jouant avec différents neurones, il procure une sensation artificielle de bien être qui, à terme, peut provoquer des dommages importants ;
  • Nous ne sommes pas tous sensibles de la même façon à l’alcool.

Si cet articles vous a interpelé, je vous invite à lire le guide du développement personnel dans la santé. J’y parle des différents bénéfices du développement personnel, mais d’un point de vue santé.

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  • […] Il s’agit très certainement du point qui m’a le plus surpris, mais ils boivent pour la quasi-totalité régulièrement du vin en fin d’après midi. Les buveurs modérés semblent vivre plus longtemps que les non buveurs. L’idée serait de boire 1-2 verres (pas plus), avec des amis, familles, et un peu de nourriture pour partager un moment convivial et anti-stress. Et je vous vois venir : non, il n’est pas possible « d’économiser » ses verres et de les boire en un seul soir. Pour plus d’infos, n’hésitez pas à aller voir comment l’alcool nous rend bourré.  […]

  • […] Il s’agit très certainement du point qui m’a le plus surpris, mais ils boivent pour la quasi-totalité régulièrement du vin en fin d’après midi. Les buveurs modérés semblent vivre plus longtemps que les non buveurs. L’idée serait de boire 1-2 verres (pas plus), avec des amis, familles, et un peu de nourriture pour partager un moment convivial et anti-stress. Et je vous vois venir : non, il n’est pas possible « d’économiser » ses verres et de les boire en un seul soir. Pour plus d’infos, n’hésitez pas à aller voir comment l’alcool nous rend bourré.  […]

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