Pourquoi vous devriez définir vos peurs et non pas vos objectifs

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Pourquoi vous devriez définir vos peurs et non pas vos objectifs

Vous vous êtes déjà certainement retrouvé dans une situation dans laquelle vous ne vous sentiez pas bien, et où la peur du changement vous bloquait. Que ce soit via un job dans lequel vous ne vous épanouissez pas, une relation malsaine, ou juste une situation de stress intense. Personnellement, ça m’arrive très régulièrement. La dernière en date, c’était lorsque j’ai monté mon entreprise (une agence événementielle). Si certains d’entre vous sont entrepreneurs, ils sauront de quoi je parle. Des hauts et des bas constants, parfois plusieurs dans la même journée. Est-ce que j’ai bien fait de faire ce choix ? Est-ce que je devrais changer ça ? Des vraies montagnes russes ! J’avais beau me fixer des objectifs, la peur me bloquait très souvent, voire quasiment tout le temps. Idem quelques temps auparavant, lorsque j’étais salarié dans une entreprise dans laquelle je ne me plaisais pas. J’avais envie d’en partir, mais la peur de ne rien trouver (ou je ne sais pas quelle autre peur d’ailleurs) m’empêchait de me bouger. Malgré les objectifs que je me fixais, la peur l’emportait. Du coup, plutôt que de me concentrer sur ces objectifs, j’ai préféré travailler sur mes peurs. C’est dans le cadre de ces recherches que je suis tombé sur les travaux de Tim Ferriss (connu notamment pour son livre La Semaine de 4h). Il explique comment voir ses peurs de manière stoïque, et donne un guide d’actions à mener. C’est de cela dont je veux vous parler, car ça m’a vraiment beaucoup aidé !

Afin d’expliquer son processus de réflexion, je vais utiliser l’exemple d’une situation dans laquelle j’étais vraiment très stressé. Peu après avoir monté mon entreprise, mes deux frères m’ont proposé de faire un road-trip de plusieurs mois en Amérique du Sud. Il était hors de question que je loupe ça ! Cependant, la situation m’a mis dans tous mes états car j’allais être beaucoup moins disponible pour ma société toute jeune (et ça, on sait que c’est pas le top). Bref, voilà la base de la situation.

Je vous ai aussi créé un super document Excel qui vous permettra de réaliser les exercices en même temps que vous lirez ce post. Allez-y, le téléchargement est totalement gratuit.

Comprendre ses peurs

Le premier objectif est donc de comprendre et identifier ses peurs. Nous allons donc inscrire dans la colonne « Définir » une liste de 10 à 20 peurs qui nous bloquent (sur le premier onglet du document Excel).

En guise d’exemple je ne vais en prendre que deux, c’est suffisant pour comprendre le principe. Pour reprendre ma situation, mes deux principales peurs étaient que

  1. Un énorme lead commercial arrive pendant cette période et que cela nécessite mon attention sur plusieurs jours, très rapidement (j’allais en effet être injoignable car hors connexion pendant quelques jours et ce plusieurs fois durant le séjour) ;
  2. Je perde / casse / me fasse voler mon ordinateur portable, rendant mon travail complètement impossible (et le coût pour en racheter un ne m’enchantait vraiment pas non plus).
DÉFINIR ÉVITER RÉPARER
Arrivée d’un lead commercial Réponse automatique du formulaire de contact Passer quelques jours à l’hôtel
Casse de l’ordinateur Utilisation du smartphone Aller dans un cyber-café

Nous voilà ensuite dans la seconde colonne : « Eviter ». Il s’agit là d’énumérer des actions qui nous permettront d’éviter que ces mauvaises choses se passent, ou du moins de les gérer le mieux possible. Dans mon cas, j’ai donc privilégié les solutions suivantes :

  1. Lorsqu’un client rempli le formulaire de contact avec une demande de devis, il recevait une réponse automatique lui expliquant que la période était très chargée (gros mytho : j’étais juste en vacances) et que j’allais revenir vers lui dans la semaine. Si la demande était urgente, il était invité à appeler un numéro de portable qui était en fait une connaissance à moi qui, si besoin, prendrait le relais (et serait rémunéré en fonction plus tard). Ça a été super bien pris, et tout le monde a attendu 3-4 jours maximum que je me reconnecte à internet ;
  2. J’ai entièrement connecté mon smartphone et mon ordinateur portable. J’ai ainsi pu laisser l’ordinateur à la maison, et pu réaliser toutes les tâches nécessaire via le smartphone. Si malgré tout le besoin d’accès à mon ordinateur se faisait ressentir, j’avais laissé les codes d’accès à une amie en France. Au final, je n’ai même pas eu besoin d’en arriver là. J’ai pu tout gérer à distance.
DÉFINIR ÉVITER RÉPARER
Arrivée d’un lead commercial Réponse automatique du formulaire de contact Passer quelques jours à l’hôtel
Casse de l’ordinateur Utilisation du smartphone Aller dans un cyber-café

Enfin, la dernière colonne (« Réparer ») consiste à écrire ce que l’on peut faire si jamais la pire des situations se passe et que nos stratégies d’évitement ne fonctionnent pas. Dans mon cas :

  1. J’aurais pu rester quelques jours dans un hôtel et utiliser les ordinateurs en libre service pour monter le dossier, puis rejoindre mes frères par la suite. J’aurais loupé quelques jours de voyage, mais rien de bien grave non plus ;
  2. Si mon smartphone s’était cassé (vu que dans tous les cas je n’aurais pas pris l’ordinateur), j’aurais toujours pu avoir accès à mes mails via des cyber-cafés lorsque l’on passait dans des villes. Ça aurait été moins pratique, c’est vrai, mais tout à fait envisageable.
DÉFINIR ÉVITER RÉPARER
Arrivée d’un lead commercial Réponse automatique du formulaire de contact Passer quelques jours à l’hôtel
Casse de l’ordinateur Utilisation du smartphone Aller dans un cyber-café

Au final, les leads commerciaux ont été très bien gérés, et mon smartphone en est ressorti indemne. Comme quoi, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.

Les bénéfices d’une potentielle réussite

Avec le second onglet du document Excel, nous allons réfléchir aux bénéfices d’une potentielle réussite de nos actions. Il s’agit d’imaginer que tout se passe bien, et de penser aux bénéfices que nous pourrions en tirer. Je vous recommande d’y passer une bonne 15aine de minutes. En effet, il est toujours bon de se rappeler que l’on ne fait pas ça pour rien, et que l’on peut en tirer beaucoup. Cela peut être un gain de confiance en soit, un gain de compétences, un gain de finances, ou n’importe quoi d’autre. À vous de voir !

Dans mon cas, le gain principal est de passer de superbes vacances ! Sérieusement, je ne les oublierai jamais. Si vous avez l’occasion, je vous recommande vraiment d’aller en Patagonie… C’est incroyable ! Franchement, ça valait le coup. Je réalise également avec le recul que ça m’a permis de me rendre compte que partir comme ça – à l’autre bout du monde et sans être totalement joignable 24h/24 – était parfaitement envisageable. C’est assez rassurant je trouve, parce qu’on m’avait bien mis en tête qu’avoir une entreprise était un boulot à temps plein. Même si l’idée ne me gêne pas, j’aime bien malgré tout le principe de partir et de me déconnecter quelques fois.

Le coût de l’inaction

Il faut avouer que l’être humain est quand même bon pour imaginer le coût (négatif) que pourrait avoir un changement de situation ou de faire une nouvelle chose. Par exemple, il très facile d’imaginer toutes les possibilités négatives lors de la demande d’une augmentation de salaire à son patron. Il est en revanche beaucoup moins courant d’imaginer le coût de l’inaction : celui de ne rien demander. Le dernier onglet du document Excel est donc une page de réflexion sur ce qu’il se passe si l’on évite l’action à mener, ou la prise de décision. Si vous ne faites rien, à quoi ressemblera votre vie dans 6 mois ? Dans 1 an ? Dans 2 ans ? Soyez précis, notez tout : les détails financiers, physiques, mentaux, etc. Tout ce qui serait impacté par l’absence de décision.

Si on en revient à mes vacances en Amérique du Sud, et bien déjà rien ne se serait passé (tristesse). Je serais resté en France, dans le froid de l’hiver et j’aurais loupé quelque chose d’extraordinaire. De plus, je n’aurais jamais réfléchi aux moyens de travailler à distance, qui m’ont depuis permis de partir à d’autres endroits. J’aurais été moins épanoui, moins aventurier, moins curieux. Ça aurait été dommage, vraiment.

Conclusion et applications

Les peurs peuvent être un frein à l’atteinte des objectifs. Voici donc les différentes étapes à mettre en place grâce à cet outil afin de réaliser que nous n’avons pas de raison de rester bloquer par nos peurs :

  • Identifier ses peurs, et élaborer des techniques pour diminuer leur impact si jamais elles se produisent
  • Réfléchir aux bénéfices d’une réussite
  • Se rendre compte du coût de l’inaction

J’aimerais terminer avec une citation de Jerzy Gregorek : « Choix faciles, vie difficile. Choix difficiles, vie facile ».

Si cet article vous a plus, n’hésitez pas à en apprendre plus en allant voir le guide de la confiance en soi ou du développement personnel dans les Sciences Humaines et Sociales (SHS).

Pour aller plus loin

Superbe ouvrage de Martin Kenneth qui traite du même sujet.

Le livre qui a rendu célèbre Tim Ferris (et que tout le monde devrait avoir lu). Quand je l’ai lu, je dois avoué avoir remis beaucoup de chose en question. C’est incroyablement enrichissant.

Façon de penser de Jerzy Gregorek.

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