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Sommaire

Temps de lecture : 3 minutes

Aujourd’hui, retour sur une problématique dont vous me parlez beaucoup : le sentiment de décalage. Et si… votre solitude était tout à fait normale ?

Thème : le sentiment de décalage

  1. Les zèbres se sentent différents
  2. Les HP sont une minorité et le sentiment de différence est compréhensible
  3. La frontière HP et neuro-typiques est arbitraire
  4. Le faux self et les relations sociales
  5. L’expression de soi chez les surdoués

C’est parti pour l’email sympa de la semaine 💫

🐣 Le sentiment de décalage est là depuis tout petit

Prenez une grande inspiration, et imaginez pendant quelques secondes que vous vous trouvez au milieu de plein de monde (une soirée, une cour de récréation, un after-work, etc.). Tout le monde s’amuse. Tout le monde discute. Tout le monde se détend.

Sauf vous. Vous avez un problème : vous vous sentez en décalage. D’ailleurs, vous vous reconnaîtrez sûrement dans ces extraits de mails reçus la semaine dernière :

« Je n’arrive pas à comprendre les autres. Hier j’ai déjeuné avec des collègues du boulot. On a bien rigolé, mais je n’étais pas honnête avec eux. Je n’étais pas moi-même. J’ai fais le caméléon, je mettais un masque. Je ne les comprends pas »

« Ma plus grosse difficulté c’est d’être honnête avec les autres. Je mens à tout le monde sur qui je suis »

« Je me sens tout le temps en décalage avec les autres. Pourquoi est-ce que je suis si différente ? Pourquoi personne ne me comprend ? »

 

On remarque que trois choses sortent de ces extraits :

  1. Il y a un grand sentiment de décalage, de différence
  2. Cette différence s’exprime par rapport aux « autres », comme si nous étions fondamentalement différents
  3. Ce décalage oblige à porter un masque social, à faire le caméléon (pour s’intégrer avec « les autres »)

Aujourd’hui, on va décortiquer tout ça, point par point.

🐭 Les HPI représentent une minorité de personnes

Si vous me lisez depuis un moment, vous connaissez mon amour pour les chiffres et les tableurs Excel. Préparez-vous, on va faire des maths.

Si on se fie à la répartition des quotients intellectuels dans le monde, les HP représentent 2,5% de la population.

2,5% de la population, c’est 1 personne sur 40.

Donc pour 1 zèbre, il y a 39 autres personnes non-zèbres.

 

Si vous êtes seul(e) au milieu de 40 personnes, il est totalement normal de vous sentir en décalage. En fait, vous êtes en minorité.

Et ce sentiment d’être en minorité arrive chez plein d’autres. Avant que je ne prenne conscience de ma douance, j’ai réalisé que j’étais gay. Ça aussi, c’est une minorité. Et parmi ceux que j’appelais « les autres » (aka les hétérosexuels), il y avait certainement des zèbres qui devaient me prendre pour « un autre », « normal ». Finalement, on est tous « l’autre » de quelqu’un. Personne n’est « normal ».

🐙 Zèbres et neurotypiques sont-ils si différents ?

Comme on vient de le voir, on est tous « l’autre » de quelqu’un. Mais si on se re-concentre sur le haut potentiel, on pourrait se demander si on est si différents que ça les uns des « autres » ?

En réalité, il ne se passe rien de spécial lorsque l’on passe la barre des 130 de QI. Les changements arrivent petit à petit.

D'où vient le sentiment de décalage ?

La limite de 130 est purement arbitraire. Il fallait en prendre une, et on aurait tout aussi bien pu prendre 125 ou 140.

À partir de là, est-ce que « les autres » sont fondamentalement différents de nous ? Je n’en suis pas si sûr. Il y a tout autant de différence entre une personne à 121 et une autre à 131 (donc un zèbre et un non-HP), qu’entre deux HP à 131 et 141.

🦎 Faire le caméléon : masque social et faux self

(Oui, je sais, c’est un petit lézard dans le titre et pas un caméléon. On fait avec les moyens du bord !)

Ce que beaucoup appellent « faire le caméléon » ou « porter un masque social » a un nom et est très étudié en psychologie depuis une bonne 50aine d’années. On appelle ça le faux-self. Ce faux-self sert à protéger notre vrai-self (notre vrai « nous ») dans des moments où la contrainte sociale est importante. Par exemple, lors d’un entretien d’embauche, c’est votre faux-self qui prend les commandes. A priori, vous n’allez pas être totalement honnête et vous-même avec la personne qui vous interroge.

Ce qu’il faut retenir, c’est que cet équilibre vrai / faux-self est présent chez tout le monde. Les zèbres n’en ont pas le monopole.

Les problèmes arrivent lorsque le faux-self est au commande sur une trop grande durée… au point d’oublier que c’est lui qui commande et de perdre complètement contact / connaissance du vrai self. Or, dans les exemples situés en début de mail, les personnes semblent avoir encore clairement conscience du fait qu’elles « ne sont pas honnêtes ». On peut donc estimer sans trop de risques qu’elles savent qu’à certains moment précis le faux self est au commande. Le problème est donc d’arriver à exprimer son vrai-self.

🙊 En fait, le HPI a un problème d’expression de soi

Récapitulons. Il est tout à fait normal de se sentir en décalage et de porter un masque social lorsqu’on est zèbre. Nous sommes objectivement en minorité, même si les limites de la « case HPI » ne sont pas toujours aussi claires et définies qu’on le croit.

Mais globalement nous ne sommes pas les seuls à nous sentir de cette façon… car personne n’est « moyen » (comprenez dans la moyenne, dans la norme). Tout le monde a sa différence. Tout le monde a son décalage. Même ceux que l’on appelle « les autres » et qui arrivent à s’exprimer sans problème lorsque nous, parfois, on bloque.

Finalement, est-ce que le problème ne viendrait pas plutôt de l’expression de soi ? Nous pouvons tout à fait nous sentir différents, mais cela ne doit pas nous empêcher d’exprimer cette différence et d’être honnête avec les autres.

Bonne nouvelle : l’expression de soi, ça s’apprend.

Votre Haut Potentiel ne doit pas vous empêcher de vous épanouir. Il ne vous représente pas dans votre globalité, il n’est qu’une partie de vous. Tout le monde est différent à sa façon. Ce n’est pas parce que vous venez de découvrir votre potentiel que vous êtes condamné(e) à vivre en décalage. Soyez vous.

Prenez une grande inspiration, et imaginez pendant quelques secondes que vous vous trouvez au milieu de plein de monde (une soirée, une cour de récréation, un after-work, etc.). Tout le monde s’amuse. Tout le monde discute. Tout le monde se détend.

Vous aussi.

 

(J’espère que vous avez aimé le thème animalier dans les titres)

À mardi prochain !

Paulo

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