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Sommaire

Temps de lecture : 3 minutes

Vous aussi vous vous perdez parmi tous ces mots pour parler de la haute intelligence ? Moi aussi – du moins au début. Mais don’t worry, aujourd’hui je vais vous expliquer comment « l’intelligence » est devenue « zèbre ».

Thème : la dénomination de la haute intelligence

  1. Pourquoi la « haute intelligence » ne correspond pas
  2. Les expressions « haut potentiel intellectuel » et « surdoué »
  3. Le grand gagnant : « zèbre »

C’est parti pour l’email sympa de la semaine 💫

🗄 Une catégorisation trompeuse du quotient intellectuel

Souvenez-vous. Dans la newsletter de la semaine dernière sur les dangers des tests de QI en ligne, on a parlé du travail autour des différentes échelles de quotient intellectuel. On le classe habituellement en 5 catégories :

  • Haute intelligence
  • Intelligence supérieure
  • Intelligence moyenne
  • Intelligence faible
  • Intelligence extrêmement basse

Selon l’échelle sur laquelle on se positionne, les délimitations entre ces catégories vont varier (comme je l’ai représenté sur cette infographie).

 

😵 Mais il y a un problème.

Lorsque l’on étudie les personnes qui se situent dans les catégories extrêmes (haute intelligence et intelligence extrêmement basse), on se rend compte qu’il ne s’agit pas « juste » d’un cerveau plus ou moins puissant, mais bien d’un fonctionnement différent. 

À ce moment-là, les termes haute intelligence et intelligence extrêmement basse ne sont plus adéquats car ils ne renvoient pas à la bonne idée.

Cette problématique marque le début d’une recherche qui a (peut-être) trouvé sa solution aujourd’hui.

 

Spoiler alert : l’intelligence extrêmement basse s’appelle aujourd’hui le « retard mental ». On remarque l’idée de fonctionnement différent, et non plus du « manque d’intelligence ». Ce retard mental se place aussi en opposition au fait que l’on qualifie les HPI de précoces. Toute une histoire. Dans la suite de cet email, je ne parlerai plus que de la haute intelligence. 

🎆 Les nouvelles expressions pour parler de la Haute Intelligence

À partir de ce moment-là, le festival de noms débute.

Chacun y met son grain de sel à coup de petite découverte qui « prouve » que son nom est le bon. Je ne vais parler ici que des principaux finalistes, mais vous retrouverez un résumé des nombreux candidats dans mon article sur les dénominations du HPI.

 

Le Haut Potentiel Intellectuel

Ou HPI pour les intimes. Là, on se base sur le principe que le cerveau boosté offre à ses heureux propriétaires un « potentiel » (et un haut potentiel qui plus est !). Même si c’est aujourd’hui un terme très utilisé et médiatisé, ça n’est à mon sens pas vraiment adéquat. Nous n’avons pas un potentiel, nous avons un fonctionnement différent.

D’ailleurs, je pense que cette idée de potentiel est trompeuse car elle laisse à penser que nous serions ici pour aider le monde, pour le sauver ou je ne sais quelle autre idée grâce à ce « potentiel » à révéler. Restons calmes.

 

Le Surdoué

Encore une fois, il s’agit d’un terme très utilisé mais tout aussi trompeur. Sur-doué signifie tout simplement que nous serions plus doués que les autres. C’est peut-être vrai certaines fois. Mais au fond, est-ce que tout le monde (surdoué ou non) n’est pas plus doué que la plupart des autres dans quelque chose ?

En tout cas, de mon côté, je suis très clairement moins doué dans certains sujets que mes amis « neurotypiques ». Ça ne fait pas pour autant baisser mon QI, ou augmenter le leur.

🏆 Le grand gagnant : être zèbre

Il nous vient de la papesse du sujet (Jeanne-Siaud Facchin) : zèbre 🦓

Alors pourquoi ce nom ? Parce que le zèbre est le seul équidé que l’Homme n’a pas réussi à domestiquer. Dans la savane, on le remarque facilement avec ses rayures. Mais, paradoxalement, ce sont ces mêmes rayures qui lui permettent de passer inaperçu et de se fondre dans la masse. Le zèbre est différent tout en étant pareil. Donc être un zèbre, ou avoir une personnalité zèbre, c’est se sentir différent tout en se fondant dans la masse. C’est avoir une façon de penser et de réagir différente.

La définition colle un peu plus avec ce que l’on cherche non ? En tout cas, de mon côté, je m’y retrouve plus !

Néanmoins, il faut que je vous parle de deux petits points :

  • N’oubliez pas que le terme zèbre est différent des autres (c’est un animal !), et s’explique très bien avec cette définition. « Marketing-ement » parlant, c’est un super coup de la part de Jeanne-Siaud Facchin. À chaque fois qu’on y fait référence, elle apparaît en fond.
  • Cette définition (à laquelle correspond parfaitement le « zèbre ») est régulièrement mise à mal par la science car elle a été réalisée suite à un gros biais d’échantillonnage et ne représenterait pas les zèbres dans leur globalité.

Et vous, quel nom vous semble le plus adapté ?

Vous avez d’autres idées ?

 

À la semaine prochaine,

– Pablo

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