En tant qu’hypersensible, on peut souvent se sentir mal. On n’arrive pas à gérer ses relations (que ce soient des relations amicales, amoureuses, ou professionnelles). Et ça c’est parce qu’on se sent trop différents. Parfois même on nous reproche d’être si différent. Ça nous pèse. On regrette même d’être hypersensible parce qu’on se dit qu’on serait plus heureux si on était « normal ». En fait, ce qu’il vous manque, c’est de comprendre qu’elles sont les lois d’une vie heureuse pour un hypersensible. C’est ce que je vais faire dans cet article de Connect The Dots. Je vais vous présenter les cinq lois des hypersensibles heureux.

Je m’appelle Paul et mon hypersensibilité a été détectée il y a plus de dix ans maintenant. Aujourd’hui je partage ce que j’ai appris pour aider les petits nouveaux.

NB : cet article est la transcription de la vidéo ci-dessus

Alors juste un petit mot avant qu’on commence. Sachez que je vous propose de passer gratuitement un test d’hypersensibilité pour savoir si vous êtes une personne hypersensible ou non. Pour ça, il vous suffit de vous inscrire juste en dessous.

1. Les hypersensibles doivent repenser la définition du bonheur

Donc la première loi pour les hypersensible heureux c’est qu’il faut que vous repensiez la définition du bonheur. Je m’explique. La définition actuelle qu’on a c’est quelque chose qui est ancré profondément chez nous. On imagine le bonheur à la Disney. Ça veut dire que tout va bien, tout se passe bien, c’est plat. Un peu comme ce que j’ai essayé de représenter là.

Les neurotypiques pensent que le bonheur est plat

Il n’y a pas de vagues. On est tout le temps contents, tranquilles. Chez les hypersensibles, vous le savez, on ne peut pas rester tout plat comme ça. Et c’est ce qui est merveilleux d’ailleurs ! Notre courbe est plutôt comme ça, c’est à dire avec des très hauts des très bas.

Les hypersensibles ont des très hauts et des très bas

Plein de fois dans la journée. On alterne tout le temps. Et encore une fois c’est ça qui est merveilleux. Ça m’a fait penser à une citation de Alfred Hitchcock qui dit « la vie ce n’est pas seulement de respirer, c’est d’avoir le souffle coupé ». Personnellement, en regardant ces deux courbes, on se rend bien compte que c’est nos souffles d’hypersensibles qui sont plus coupés que les souffles de Disney ! Et est-ce qu’à partir de là ça ne voudrait pas dire qu’on a des vies qui sont plus riches ? Au fond c’est pas ça le bonheur ?

À mon avis les personnes hypersensibles ont une manière différente d’être heureuses. Une manière qui est pas Disney, mais une manière qui est surtout plus réelle et plus réaliste. On vit la vie de manière très intense et c’est ça qui est beau. On a encore une fois des très hauts et parfois des très bas. Mais à chaque fois on se relève, on continue, et on vit la vie.

2. Hypersensibles : apprenez à dire non

Deuxième loi pour les hypersensibles heureux : apprenez à dire non. Alors on va encore parler d’un mythe de Disney, un mythe qui est ancré chez nous.

La personne qui dit non est maléfique

Là on a deux personnes. Le gentil dit oui à tout, il est un chouïa naïf et se fait parfois marcher dessus. Puis il y a le méchant qui, lui, est très machiavélique, arrive à ses fins, et dit « non ». La réalité est loin d’être si tranchée. Le monde n’est pas blanc ou noir. Il n’y a pas « les gentils » et « les méchants », on est tous un peu au milieu. Sauf que les hypersensibles ont beaucoup de mal parce qu’ils sont persuadés qu’il faut rester gentils toute leur vie. Du coup il faudrait dire « oui » à tout. En plus, en disant « non », on fait de la peine à l’autre, on voit et on ressent cette peine parce qu’on est des personnes très empathiques. Mais dans la réalité dire non n’est pas du tout être méchant ou est pervers. C’est aussi savoir se protéger soi-même. Si vous réfléchissez deux secondes, est-ce que c’est mieux d’accepter tout est finalement de rien faire ou de le faire mal ? Par exemple si vous êtes au bureau et qu’on vous demande toujours de faire plein de choses facultatives et que vous dites oui à tout. Au bout d’un moment vous n’avez pas le temps de tout faire. Chaque chose que vous avez accepté va être mal faite, ou faite en retard. Ce n’est pas forcément beaucoup mieux. C’est pour ça que j’ai appris à dire non régulièrement. Comme ça quand je dis oui je suis sûr que je me mets à fond dans la chose à laquelle j’ai dit oui. Les autres peuvent s’attendre à ce que je fasse les choses bien.

3. Il faut que les hypersensibles étudient leurs pensées négatives

La troisième loi pour être hypersensible heureux c’est d’étudier vos pensées négatives. Pour vous expliquer un petit peu, en tant qu’hypersensibles on a des antennes qui captent les choses. Ces antennes-là  sont plus grandes. On capte plus de choses autour de nous, plus de stimuli. Résultat : on voit et on analyse des choses que les autres ne voient pas parce qu’on les capte et on les perçoit. C’est ce qui fait (en gros) qu’on est plus sensibles. Notre détecteur est plus affûté si vous voulez. À partir de ces informations et de ces stimulations, donc à partir cette situation, notre cerveau se met à penser. Nos pensées tournent en boucle. On analyse tout en continu. Et généralement cette boucle de pensées finit par produire une conclusion qui est souvent négative, comme de la susceptibilité.

Comment devient-on susceptible ?

Par exemple, il y a quelqu’un qui ne nous dit pas bonjour le matin au bureau. La plupart des gens n’aurait même pas capté qu’on s’est fait ignorer. Mais nous si. On le capte. On analyse, on pense trop, et ça nous blesse vraiment profondément. On se pose plein de questions. Est-ce que cette personne ne m’aime pas ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Résultat : on se vexe et c’est la susceptibilité qui arrive. En fait on s’est un peu blessés tout seul avec nos propres conclusions. Donc ce qu’il faut faire quand il y a quelque chose comme ça, c’est prendre un peu de recul et étudier ce cycle de pensées. Les hypersensibles ressentent les choses très fort (et encore une fois c’est bien) mais on a parfois des conclusions qui sont fausses. Peut-être que la personne ne m’a juste pas dit bonjour parce qu’elle était pressée, mal réveillée, triste de son côté avec un problème… on ne sait pas. Tout ne tourne pas toujours autour de nous. On est hyper sensible, on capte tout, mais on n’est pas forcément le centre du monde de tout le monde.

4. Les hypersensibles doivent se créer un noyau dur d’amis

Quatrième loi des hypersensibles heureux : il faut que vous vous créiez un noyau dur d’amis.

Comment se faire des amis quand on est hypersensible ?

Vu qu’on est hypersensibles, on a besoin de relations amicales. En fait on a surtout besoin d’intimité, de proximité avec les autres. On est des gens sociaux malgré tout. Même si on peut avoir peur du monde extérieur, on a besoin de ces interactions. Mais parfois on est blessé parce que les autres nous traitent mal. On les trouve un peu froid, distants. Encore une fois ça revient à notre hyper perception. On peut percevoir sur un ton de voix un peu dérangeant, une réaction qu’on capte mal, on peut en tirer des conclusions blessantes. Mon conseil là-dessus c’est d’essayer d’arrêter d’être ami avec tout le monde. Il faut plutôt se concentrer sur un noyau dur d’amis, quelques rares personnes, et cultiver ces relations. Ça prend du temps d’être amis avec les gens (enfin plutôt d’entretenir la relation) donc il ne faut pas en avoir trop parce qu’on ne peut pas voir le temps d’avoir de bonnes relations avec tout le monde. Ce n’est pas possible. On a 24 heures comme tout le monde. Mieux vaut avoir peu d’amis mais des bons, que beaucoup de moins bons. Et en plus, en ayant peu d’amis mais des bons, ce sont des gens qu’on va bien connaître et qui vont bien nous connaître. Du coup on sera meilleur pour interpréter certaines situations et ne pas se laisser avoir dans des spirales négatives. Tandis que s’il y a plein de monde on ne peut pas connaître parfaitement tout le monde et tout le monde ne peut pas nous connaître. Et là on peut se faire avoir par des quiproquos, des gens qu’on ne connaît finalement pas vraiment et qui peuvent vous blesser.

5. Tout le monde n’a pas les mêmes besoins qu’un hypersensible

Et enfin cinquième et dernière loi pour l’hypersensibilité heureuse : réaliser que tout le monde n’a pas nos besoins d’hyper sensibles. Je m’explique. Les hypersensibles ont des besoins forts de justesse, de beauté, de propreté par exemple. On aime les choses justes,  bien faites et belles. Ce n’est pas vraiment qu’on aime, c’est presque qu’on en a besoin. On est très sensibles à la beauté et à la justesse du monde. Il faut que tout ce qui nous entoure entre dans ce cadre-là. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certains qui mettent leurs préférences ailleurs, sur d’autres caractéristiques. Et on peut avoir tendance à ne pas comprendre qu’ils aient des besoins et des ambitions différentes des nôtres. Du coup (parfois) on peut se comporter en petits chefs, voire même en dictateur.

Je vais vous donner un exemple pour illustrer mes propos. Imaginez qu’on soit au boulot ou à l’école et qu’on doive rendre un dossier. Donc c’est un dossier de travail, des devoirs, ce que vous voulez. Nous, en tant qu’hypersensible on va en faire un super, un soigné, travaillé, précis, vraiment il va rentrer dans ce qu’on aime. C’est à dire qu’on va presque le relier, en prendre soin, et il va être beau. On va faire attention à toute la présentation. Par contre il y a une autre personne (notre collègue ou notre camarade de classe) qui en a fait un autre. il n’est pas spécialement sale mais il n’est pas hyper soigné non plus. Surtout, il est concis et efficace avec des boulet-points. C’est un travailler sans présentation, qui va juste droit au but.

Les hypersensibles aiment les belles choses

Et cette personne (donc notre collègue, notre ami) nous demande notre point de vue sur son dossier à lui. Notre premier réflexe pourrait être de nous comporter en dictateur en expliquant que c’est nul, que ça ne ressemble à rien, parce que notre prisme, ce qui est important pour nous, c’est que ce soit beau, que ce soit propre, alors que ce n’est pas ce qui l’est pour lui. Deuxième solution, on peut comprendre qu’il a des besoins et des ambitions différentes (notamment l’efficacité et la concision) et considérer que dans ce cas-là ça va. Au fond, les infos essentielles du dossier y sont. Là c’est vraiment la présentation qui est différente. Il ne faut pas en vouloir aux autres de ne pas s’intéresser aux mêmes choses, de ne pas mettre les choses importantes sur les mêmes choses que nous. Il faut vraiment apprendre à formuler ce que l’on pense, ce que l’on ressent pour mettre la relation au cœur de la discussion. Là par exemple ça peut être de ne pas être méchant envers le dossier de l’autre, mais se rendre compte que les dossiers se valent, contiennent tous les deux des infos intéressantes, c’est juste la forme qui est différente. Et que sa forme pour lui est importante, enfin cette efficacité qu’il a mise est importante.

Bonus

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