Aujourd’hui on va parler du doute chez les surdoués. Qu’est-ce qui fait que les personnes à haut potentiel doutent tout le temps ? Pourquoi elles sont comme ça ? Pourquoi elles remettent vraiment tout tout le temps en question ? Pourquoi elles réfléchissent beaucoup trop et pensent trop ? C’est le sujet de cet article.

Je m’appelle Paul de Connect The Dots et mon haut potentiel a été détecté il y a plus de dix ans maintenant.  Aujourd’hui je partage ce que j’ai appris pour aider les petits nouveaux.

NB : cet article est la transcription de la vidéo ci-dessus.

Avant de commencer je voulais vous montrer deux citations que j’ai trouvées sur internet. La première vient de Alain Leblay. Je ne sais pas qui c’est mais il disait « Le doute est l’apanage des gens intelligents. Les cons n’ont que des certitudes ». Et Aristote lui il disait « Le doute est le commencement de la sagesse ».

Citation de Aristote "Le doute est le commencement de la sagesse"

Pourquoi je vous ai mis ça ? Parce qu’en lisant ces deux citations on peut comprendre que le doute est le propre de l’intelligence. Donc c’est normal, à ce niveau-là, que les surdoués remettent tout le temps tout en doute. Ce sont des êtres très intelligents. Donc ce serait normal, selon eux, qu’ils doutent de tout, tout le temps, qu’ils aient tendance à toujours remettre toutes les choses en perspective et à réfléchir pendant longtemps sur le même problème. Parce qu’ils doutent des solutions.

D’où vient le doute du surdoué ?

Le vrai sujet de cet article c’est d’où vient le doute du surdoué ? À cause de quoi ? Qu’est ce qui fait que le surdoué doute tout le temps et de tout ? C’est bien beau de dire que c’est juste parce qu’il est intelligent. Mais qu’est-ce qu’il se passe derrière ? Alors j’ai trouvé deux hypothèses.

Pourquoi le HPI doute ?

1. L’enfance compliquée du surdoué

La première hypothèse c’est son histoire. L’histoire du surdoué dans le sens son enfance, son passé. Ce qu’il y a, c’est que c’est quelqu’un qui est décalé depuis l’enfance. Depuis qu’il est tout petit le HPI se sent différent. Il se sait différent. Le HPI est seul. Il s’interroge sur le monde de manière un peu particulière par rapport à ses camarades. En fait le surdoué voit qu’il est différent. Il le sent et il s’interroge donc sur le monde de manière particulière.

Mais surtout il se questionne sur pourquoi les autres ne s’interrogent pas sur les mêmes choses que lui ? Pourquoi est-ce que lui il se pose des questions qu’il juge essentielle et pas les autres ?

En fait il doute de sa manière de voir le monde, et de pourquoi il y a un gap entre sa façon de le voir et la façon dont les autres le voit. Et ça, cette remise en question continue, crée du doute.

L’extra-lucidité

En plus de ça, on dit souvent que le surdoué, le haut potentiel intellectuel, perd très vite sa naïveté d’enfant. En fait il ne croit pas forcément les histoires qu’on lui raconte parce que dès qu’on lui raconte quelque chose il ne va pas le prendre pour une vérité absolue. Il va le remettre en question et s’interroger. Et cette manière de s’interroger et de toujours tout douter, de voir les choses telles qu’elles sont, de ne pas forcément tout croire, on appelle ça l’extralucidité. Alors l’extra-lucidité j’en parle assez régulièrement. Ça n’a toujours rien à voir avec le fait d’être Madame Irma. C’est en fait qu’on a un cerveau qui analyse tout (c’est ce qu’on entend dire : on pense tout le temps, on s’interroge) et en même temps on a un ressenti (qui est notre hypersensibilité) qui est très important. La conjoncture de ces deux choses (notre analyse et notre ressenti) fait qu’on a ce qui s’appelle l’extralucidité.

extralucidité

En fait on va ressentir et voir les choses d’une certaine manière, les  analyser d’une certaine manière, et ne pas arriver aux mêmes conclusions que tout le monde. Ça fait qu’on va remettre du doute et qu’on va voir les choses telles qu’elles sont. Par exemple moi je me souviens très bien quand j’étais petit je n’avais pas les mêmes problématiques que mes camarades de classe.

Quand on était en primaire je m’étais vite rendu compte que mes parents allaient mourir et qu’il fallait que je trouve un moyen si jamais ils avaient un accident de voiture le lendemain. Comment je fais ? Il faut que je me trouve une sécurité financière. En primaire du coup je m’étais créé déjà un premier site internet où je faisais voter les gens par texto (à l’époque des textos payants) et je gagnais de l’argent. Maintenant ça a donné un blog j’ai évolué ! Mais j’avais déjà cette notion du fait qu’il fallait que je puisse m’en sortir seul. Quand mes camarades il jouait aux billes et aux cartes  moi j’avais déjà un pied dans le monde adulte. Je n’étais plus un enfant, même si j’étais dans le corps d’un enfant. Et ça c’est lié aussi à l’extralucidité.

2. Le HPI fonctionne différemment à cause de sa pensée arborescente

Deuxième source du doute du surdoué : c’est sa façon de fonctionner. Et tout particulièrement sa pensée arborescente. La pensée arborescente vous l’avez vu certainement sous le nom aussi de pensée en arborescence ou pensée divergente. C’est cette idée-là. Le principe c’est qu’une pensée, une idée, va amener à plein d’autres idées. Et chacune de ces autres idées vont amener  plein d’autres idées, et ainsi de suite. En fait le surdoué pense à toutes ces idées-là de manière très rapide et pratiquement simultanée. C’est ce que j’ai essayé de représenter dans ce schéma. Je n’aime pas trop l’image de l’arbre parce que selon moi ce n’est pas vraiment comme ça que ça se passe vu qu’au bout d’un moment l’arbre est censé se terminer. On revient à une autre idée. Mais c’est plutôt cette espèce de toile d’araignée ou toutes les idées sont interconnectées entre elles, avec des liens qui se font entre toutes.

Connexions pensées et idées

Ce qu’il se passe c’est qu’on peut partir d’une idée, aller dans une des branches, faire un tour, visiter d’autres idées et revenir à l’idée de base en ayant fait ce chemin. Du coup en ayant un background d’idées si vous voulez, d’autres idées intermédiaires, en ayant pensé à d’autres choses pour revoir le problème d’une façon différente.

C’est ce qu’il se passe avec le doute du surdoué. On est face à une situation. Sans qu’on le fasse exprès ou qu’on puisse l’arrêter notre cerveau va penser à plein d’autres choses qui vont nous faire revoir la même situation dans laquelle on est sous un autre angle. Et ça, ça peut provoquer du doute parce que on peut voir une situation qui se passe bien devenir mauvaises.

Typiquement on va en vacances, c’est cool. Après on pense que du coup on ne va plus au travail, qu’il se passe ça, qu’il se passe ça, etc. et du coup on est stressés parce qu’on part en vacances et que ça veut dire que des cambrioleurs nous voler la maison, qu’un truc fou va arriver au travail et qu’on ne va pas être là, etc. Avec une idée simple qui devait être cool  on peut se mettre à douter plein de fois dessus parce que notre cerveau est parti dans tous les sens. On voit des problématiques, on doute, on retourne la chose dans tous les sens. Ça crée beaucoup de doute.

Sur quels sujets doute le surdoué ?

Maintenant sur quels sujets doute le surdoué ? Alors il y en a 3, mais le premier c’est le plus important.

Qu'est-ce qui fait douter le surdoué ?

Le haut potentiel intellectuel doute sur tout

Le surdoué doute sur absolument tout ! Tout va le faire douter parce qu’il ne peut pas arrêter son cerveau de penser, de voir des problèmes et essayer de trouver des solutions. Du coup il va douter sur absolument tout.

Le zèbre doute de lui-même

Mais en plus de douter sur tout il va aussi beaucoup douter sur lui-même. C’est à dire qu’il est en recherche continue de la perfection parce qu’il aime les choses parfaites, les choses belles. C’est lié à son hypersensibilité et à son manque de confiance en lui (parce qu’il veut que les gens l’aiment). Du coup le surdoué doute sur tout ce qu’il fait lui-même et il va toujours remettre en question son comportement. « Est-ce que j’ai fait ça assez bien ? Est-ce que quand je cuisine pour les autres ils aiment ? Même s’ils m’ont dit qu’ils aiment, ça veut peut-être dire qu’ils sont polis et qu’ils n’aiment pas. En fait j’ai gâché le repas. » Tout est raison à du doute. Tout est un motif pour se dévaloriser et pour se rabaisser soi-même. Ça c’est vraiment un gros sujet de doute chez le surdoué. Il doute de tout sur lui. Il va tout remettre en question. Moi par exemple quand je fais mes vidéos, donc il y a la première partie (sur quelques secondes) où on voit ma tête. Vous n’imaginez pas le doute que j’ai, et la galère que c’était les premières fois. « Est-ce que le fond il est bien ? Est-ce que j’ai ça ? Est-ce que j’ai ça ? Est-ce que machin ? » Maintenant j’arrive à laisser aller et me dire que c’est bon, mais il y a toujours une part énorme de doute et de galère. C’est un travail sur soi continu.

Le HPI doute d’être surdoué

Et enfin le dernier sujet qui est propre au surdoué c’est de douter de leur propre douance, de douter même du fait qu’ils sont haut potentiel intellectuel. Alors il y a le doute avant de passer le test de QI. « Est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que je peux réellement l’être ? Mais pourtant ça ne correspond pas, je peux pas être surdoué. Je ne suis pas intelligent. » On revient un peu sur du doute de soi-même. On n’a pas assez confiance en nous pour se dire qu’on peut l’être (même si c’est pas vraiment se mettre sur un piédestal). Le surdoué a tendance à se rabaisser et à dire qu’il est con. Du coup se dire qu’on est haut potentiel intellectuel, zèbre ou surdoué c’est complètement inimaginable.

Et enfin une fois qu’on a passé le test de QI (qu’on a osé passer le test !) et que le résultat est positif, que le / la psychologue nous dit vraiment « vous êtes surdoué(e), c’est validé », et bien là on va quand même tout remettre en doute. On va remettre en question parce que déjà on n’y croira toujours pas et parce que on se dira que c’est peut-être le psychologue qui s’est trompé, qu’il y a eu une erreur dans le calcul, j’ai eu un coup de bol, je sais pas quoi. On va même douter du fait qu’on est haut potentiel intellectuel. Du coup peu importe ce qu’il se passe, on va douter sur tous les sujets, nous-mêmes, et nos caractéristiques qui font partie de nous (entre autres le haut potentiel intellectuel).

 

 

Si vous voulez approfondir le sujet et que vous vous posez des questions sur votre haut potentiel intellectuel, n’hésitez pas à vous inscrire à ma mini formation gratuite ci-dessus. Je répondrai avec grand plaisir à vos questions. À la prochaine !