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Temps de lecture : 4 minutes

Aujourd’hui, je reprends une question que l’on me pose souvent : à quoi ça sert de savoir si on est surdoué(e) ? Quel est l’intérêt de passer un test de QI ?

Thème : à quoi ça sert de savoir si on est HPI ?

  1. Apprendre que l’on est HPI
  2. Dans quels cas le test de QI est inutile
  3. Dans quels cas le test de QI est utile
  4. À quoi ça sert de savoir qu’on est HPI

C’est parti pour l’email sympa de la semaine 💫

💡 La révélation : découvrir son HPI

Souvenez-vous. Il n’y a peut-être pas si longtemps que ça, vous viviez votre vie de manière tout ce qu’il y a de plus normale. Vous aviez des hauts et des bas (comme tout le monde), mais n’arriviez pas forcément à les expliquer.

Et puis un jour, vous avez entendu parler du Haut Potentiel Intellectuel. C’était peut-être lors d’une émission télé, à la radio, par des amis, ou dans un livre qu’on vous a conseillé. Ça a été la révélation. Votre vie a pris sens. Vous mettiez ENFIN des mots sur vos ressentis et des comportements inexpliqués que vous aviez depuis de nombreuses années.

Seulement voilà… aujourd’hui, le « choc » du début est passé. Vous continuez à creuser l’idée. Vous êtes sûr(e) à 100% de correspondre aux caractéristiques. Mais en même temps vous doutez. Et si ce n’était finalement pas moi ? Et si j’avais fait fausse route depuis le début ? Mais alors, qu’est-ce que je suis ?

Ce qui était au début une illumination divine se transforme en un véritable casse-tête. Pourquoi passer un test de QI ? (Surtout si on a peur du résultat) Au fond, à quoi ça me sert de savoir que je suis surdoué(e) ?

Je vous préviens tout de suite : dans la plupart des cas, savoir que l’on est HPI ou passer un test de QI… ne sert strictement à rien 🤯

🙅🏽‍♀️ Pourquoi passer un test de QI est inutile ?

Enfin, il faudrait plutôt se demander dans quels cas est-ce que le test de QI n’est pas utile ?

Passer un test de QI pour dire que je suis HPI ❌

Je ne le répéterai jamais assez : il n’y a rien de glorifique à être HPI. Ce n’est ni bien, ni mal. Comme expliqué la semaine dernière, un QI de +130 ne se traduit pas par une « haute intelligence ». On fonctionne différemment, c’est tout.

De même, je suis mal à l’aise lorsque cette différence est utilisée comme une excuse et un prétexte pour se plaindre à tout bout de champ. Les HPI ont le droit de souffrir (comme tout le monde). Mais dans la grande majorité des cas il n’en est pas la cause.

Passer un test de QI quand tout va bien ❌

Il y a un point essentiel à toujours avoir en tête lorsque l’on étudie la population surdouée. Une majorité d’entre nous va bien, n’est pas plus stressée / anxieuse / dépressive que les autres, n’a pas de problèmes sociaux, a de meilleurs résultats scolaires, et est en meilleure santé que la moyenne. Comme ils n’ont pas de problèmes particuliers, ces zèbres se fondent parfaitement bien dans la masse et ne sauront jamais qu’ils sont surdoués.

(Vous et moi ne représentons qu’une petite partie de la population surdouées : les HPI « à problèmes ». Il n’y a rien de péjoratif là-dedans. C’est pour expliquer l’idée qu’une embûche au cours de notre vie nous a fait explorer cette piste. Rien de plus.)

Dans le principe, il n’est pas utile pour une personne qui va bien de comprendre parfaitement en quoi son fonctionnement est différent de celui des autres… puisqu’elle a parfaitement réussi à s’adapter.

Valider votre HPI pour faire plaisir à quelqu’un ❌

Non, vous n’avez pas à aller passer un test de QI pour faire plaisir à votre mère qui « est sûre que sa fille chérie est surdouée ». C’est une quête de soi et pour soi. Si vous voulez explorer cette piste, assurez-vous que vous le faites pour vous.

Savoir que l’on est HPI pour ne rien en faire ❌

Les bilans de type WAIS et autres représentent un coût. C’est cher (2-300€ minimum), et ça prend du temps. Le but premier n’est pas d’avoir un score que vous pourrez exposer à la machine à café (cf le premier point de ce mail), mais bien d’obtenir une carte du fonctionnement de votre cerveau. Le but, c’est d’utiliser cette carte pour comprendre votre fonctionnement (qui est unique et ne ressemble pas à celui de votre voisin zèbre) et vous adapter au monde qui vous entoure.

À mon avis, faire tout ce chemin pour ne rien faire du résultat est un non-sens. Ça ne sert à rien 🤦🏻‍♀️

👍🏻 Pourquoi passer un test de QI ?

Encore une fois je vais préciser ma question : dans quels cas le test de QI est-il justifié ?

Passer un test de QI quand on est en souffrance ✅

Et c’est d’ailleurs ce qui nous a amenés, nous, les « HPI à problèmes », à découvrir notre douance. L’idée de « souffrance » est assez large. On peut penser à des difficultés scolaires ou sociales, une trop forte anxiété, des troubles dépressifs, etc. Le spectre est grand et, pour le coup, correspond à l’image médiatisée du haut potentiel intellectuel.

Notez bien par contre que « enfant turbulant qui a du mal à l’école » ne rime pas toujours avec « mon enfant est surdoué ». C’est une piste à explorer (via le test de QI donc), mais ça ne peut pas être la seule.

Passer un test de QI pour se comprendre ✅

Dans tous les cas, n’oubliez pas que le test est un outil pour se comprendre et se connaître. Il est possible que le résultat soit « négatif » (dans le sens où vous n’êtes pas HPI, ce qui n’est pas négatif en soit). À ce moment-là, il vous suffit d’explorer d’autres pistes. Ce n’est pas une fin en soit.

Ces recherches identitaires sont plus fréquentes chez les adultes que chez les enfants.

🤟🏾 À quoi ça sert de savoir qu’on est HPI ?

Même s’il y a finalement plus de raisons de ne pas passer un test de QI que de raisons d’y aller, je ne peux que vous encourager à sauter le pas si vous doutez.

En effet, savoir que l’on est HPI a de nombreux avantages.

Savoir que l’on est HPI pour se comprendre

J’en parlais plus haut : être au courant de sa douance a un énorme impact sur notre compréhension de nous même – et finalement notre estime de nous-même. On met des mots sur des ressentis compliqués. Et surtout, on se rend compte que l’on n’a pas de problème. On est juste différent.

Savoir qu’on est zèbre pour se sentir moins seul(e)

C’est assez surprenant au début, mais en mettant un mot sur ce que l’on « est », sur cette part de nous, il se passe deux choses :

  1. S’il y a un mot pour le décrire, c’est que d’autres sont comme ça. Je ne suis donc pas seul(e)
  2. Si je ne suis pas seul(e), c’est que j’appartiens à un groupe. Et après tant d’années à se sentir différent(e) et en décalage, c’est vraiment agréable

Savoir qu’on est surdoué pour adapter sa scolarité

Ce point est uniquement valable pour les plus jeunes d’entre nous qui rencontrent des difficultés scolaires, mais on peut facilement imaginer qu’un adulte puisse adapter sa vie professionnelle également.

Et vous, où en êtes-vous dans votre voyage autour du HPI ?

À mardi,

Paul

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