Comment est-ce que la découverte de mon haut potentiel a changé ma vie ?

 

Récemment, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Delphine. Delphine est une personne à haut potentiel intellectuel, et elle a souhaité revenir sur l’impact qu’a eu la découverte de sa douance sur sa vie.

Vous retrouverez ci-dessous notre rencontre filmée, et la retranscription de l’échange juste en dessous.

NB : Delphine n’a pas souhaité que je diffuse son visage, c’est la raison pour laquelle je l’ai remplacé par une image de zèbre (très original tout ça). Si vous êtes également intéressé(e) pour venir raconter votre expérience, sachez que je ne cherche à mettre personne mal à l’aise et si vous êtes plutôt discret(e), nous pouvons envisager de nombreuses solutions !

Bonjour à tous je suis très content de vous retrouver. On continue donc la petite succession de rencontres avec des personnes zèbres et aujourd’hui j’ai la chance d’accueillir Delphine. Voilà Delphine si vous voulez vous présenter.

– Donc bonjour à tous je m’appelle Delphine j’ai 40 ans, je suis enseignante et j’ai découvert il il y a trois ans mon haut potentiel et donc je vais vous raconter un petit peu ce que ça a eu comme impact sur ma vie depuis, et puis comment ça s’est fait et ce que ça m’a apporté. Donc j’ai depuis longtemps eu un gros besoin d’apprendre à me connaître parce que je n’avais pas forcément de don spécifique mais je ressentais vraiment besoin de réfléchir son moi-même, de qui j’étais et d’apprendre à mieux me connaître. Et donc j’ai été voir plusieurs fois des psychologues ou des psychanalystes. Donc tout d’abord les psychanalystes ça m’a pas apporté grand chose parce que je pense que clairement j’avais pas les clés pour me comprendre et donc du coup je parlais toute seule et je tournais un petit peu dans le vide quoi. Et un jour j’ai eu la chance de rencontrer une psychologue qui m’a, au bout de quelques temps, insinué la possibilité que je réfléchisse à la douance et au haut potentiel (ce que j’ai tout de suite nié en bloc avec véhémence parce que ça me semblait pas du tout crédible ni possible). Mais mine de rien ça a quand même fait son chemin tout doucement dans ma tête petit à petit. Et elle m’en reparlait de temps en temps, et je lui disais « mais non pas du tout pas du tout ». Et puis un jour je suis tombé « par hasard » (entre gros guillemets parce que je sais très bien que ce n’est pas un hasard) mais sur un livre qui s’appelait « Trop intelligent pour être heureux » et qui m’est un peu tombé dans les mains. J’ai voulu me dire « oh bah ça me coûte rien de le lire, je peux toujours essayer ». Et quand j’ai lu ce livre ça m’a vraiment beaucoup apporté. Je me suis reconnue dans plein de choses en me disant « dis donc c’est incroyable, mais comment ils peuvent être dans ma tête ? » Je veux dire ça me semblait vraiment impressionnant et très troublant même de reconnaître beaucoup beaucoup de choses qui me correspondaient. Donc ça m’a un peu entrouvert les yeux et j’ai commencé à prendre plus au sérieux les suggestions de ma psychologue. J’ai commencé à me renseigner tout doucement sur les tests de QI. Alors je me souviens j’avais appelé à Rennes une psychologue qui fait des tests de QI mais en n’osant pas trop dire pourquoi j’appelais que j’étais pas trop sûre, et puis je me sentais vraiment un mode imposteur. Pourquoi je fais ça ? C’est ridicule ! Mais en même temps j’avais quand même envie d’essayer alors je posais des questions mais je disais pas trop pourquoi. C’était un petit peu bizarre et puis on me dit « Vous voulez un rendez-vous ? » que j’ai dit « Oui , allé on prend rendez-vous ». J’y suis allée complètement en me disant mais qu’est ce que je fais ? Ça n’a pas de sens pas. Une partie mois avait avait très envie d’y aller puis l’autre me disait « c’est débile, ça ne sert à rien, ils vont forcément me dire, limite, mais vous nous faites perdre notre temps Madame quoi. » Vraiment j’y allais un peu dans cet esprit-là. Et donc j’ai passé le test qui s’est bien passé j’étais plutôt à l’aise mais complètement surexcitée aussi. Je me souviens de l’attente des résultats où vraiment je bouillonnais, j’étais dans un état très angoissé et toujours un peu avec cette imposture là qui était en fond « qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que je fais là ? » Et puis finalement les tests j’ai eu les résultats. La dame m’a expliqué qu’effectivement je rentrais dans la rue la case de ce qu’on pouvait appeler les hauts potentiels et puis là il m’a donné plein d’informations, plein de choses, on a parlé. Alors là j’aurais presque voulu prendre des notes tellement il y avait d’informations mais je ne pouvais pas. Mais en même temps c’était le début et là ce que j’ai ressenti aussitôt que c’était un immense soulagement. Vraiment un soulagement de me dire « En fait je suis peut-être différente mais je ne suis pas anormale ». Ça c’est vraiment le sentiment qui est ressorti le plus vite de « Oh bah en fait il y a d’autres gens comme moi ». Ça je l’ai découvert un petit peu après parce qu’au début j’étais un peu perdue mais je suis pas tout seule et puis du coup là j’ai commencé vraiment à revoir tout, ça ce s’est pas fait du jour au lendemain, mais à revoir toute ma vie sous un autre angle, à reprendre plein de choses et ça a été vraiment hyper intéressant, ça m’a beaucoup apporté. Et du coup à partir de ce moment là ce que j’ai ressenti c’était l’impression que ce test, et surtout le fait que la psychologue m’ait ouvert les yeux, ça m’avait donné une clé. Une clé de ma cage en fait, et que là j’avais réussi à ouvrir cette cage ; et que maintenant il fallait que je m’envole mais je ne savais pas trop comment faire quoi, je ne sais pas trop voler encore. C’est un peu l’image de ce que je vois.

– C’est très joli comme image !

– Cette clef qui m’offrait la liberté. Ça m’a donné cette impression-là : j’ai ouvert la cage, on m’a donné la clé. Donc j’ai vraiment eu beaucoup de gratitude pour les personnes qui m’avaient donné cette clé parce que je pense que si on ne me l’avait pas donnée je ne l’aurais jamais trouvée ou je n’aurais jamais voulu la prendre moi-même parce que ce n’était pas possible. Et du coup voilà j’avais plus qu’à apprendre à voler. Ça c’est ce que je fais depuis trois ans du coup, je suis en train d’apprendre à voler et je pense même que là je commence à être pas mal. Je commence à être prête à m’envoler grâce aux lecture que j’ai faites après, grâce aux échanges que j’ai eus avec d’autres gens d’autres zèbres mais aussi pas que, avec des amis avec qui j’ai reparlé de plein de choses, avec d’autres personnes avec qui j’ai une grande connivence intellectuelle et du coup ils se sont reconnus un petit peu aussi là dedans et avec qui on a eu vraiment des échanges qui m’ont beaucoup apporté, j’ai continué à voir ma psychologue même si j’y vais moins souvent mais j’aime bien continuer à la voir tranquillement, et puis surtout les lectures, les blogs, des gens comme toi qui permettent d’apprendre plein de choses et de comprendre.

– Merci !

– Et donc voilà j’ai l’impression du coup d’avoir compris qui je suis, mieux (pas complètement mais beaucoup mieux), d’avoir compris qui j’étais et de voir ma vie d’avant sous un autre prisme. Et surtout ça m’aide à me mettre dans une case. Alors on pourrait se dire « mais c’est nul de se retrouver dans une cas ». Mais en fait moi ça m’a beaucoup apporté d’être dans cette case même si je sais que dans la case il y a plein de facettes possibles, tout le monde n’est pas pareil, mais moi ça m’a vraiment… encore une fois c’est le sentiment de se dire « je suis pas anormale, je suis juste différente ». Et du coup d’essayer de non plus voir les choses négatives mais d’essayer de trouver le positif dans tout ça, et d’apprendre à être plus posée, à être plus zen, à être moins à la recherche de choses que qui servent à rien. Donc un exemple ben je suis très hypersensible, je n’ai jamais rencontré quelqu’un de plus hypersensible que moi pour l’instant ! Je pleure systématiquement quand je regarde les infos, quand je regarde un film (même une comédie) c’est très rare que je ne finisse pas en pleurs. J’ai beaucoup de mal à lire un livre sans pleurer. Et à côté de ça pour moi c’était un défaut, c’était un problème que j’avais. Et là maintenant j’ai plutôt tendance à me dire « ben ok des fois c’est un peu embarrassant ». Je suis enseignante et quand je me retrouve en cours en train de pleurer quand je parle d’un film qui m’a beaucoup touché tout ça, ça fait des situations pénibles, clairement. Mais aussi à côté de ça bah je vais rire plus fort aussi que d’autres et toutes les émotions sont exacerbées (et pas seulement les émotions un peu plus négatives) et du coup j’ai décidé de me dire bah plutôt que de me plaindre que je pleure trop, peut-être que je peux aussi me réjouir que je ris beaucoup et d’essayer de trouver aussi les aspects positifs et pas seulement de focaliser sur les aspects négatifs. Et de développer aussi ma créativité parce que je pense être une personne très créative et du coup essayer, plutôt que de me brimer, de m’ouvrir par rapport à ça et de chercher les côtés positifs pour en faire quelque chose de bien et et minimiser les côtés négatifs parce qu’il y en a quand même, mais essayer de les minimiser. Donc c’est ça que ça m’apporte en ce moment. Mieux me comprendre dans le sens de me dire « Je suis comme ça, c’est pas grave, comment est-ce que je peux plutôt appuyer sur le positif ? »

– Pour tout gérer au mieux.

– Alors je travaille aussi sur le fait d’essayer de ne pas trop tout gérer tout le temps d’ailleurs.

– Pour lâcher prise !

– Ouais. Bon je n’y arrive pas hein, mais essayer de me dire : comment faire pour ne pas chercher à tout contrôler, et surtout ce que je peux pas contrôler ? C’est un travail que je fais beaucoup parce que ça empoisonne quand même pas mal la vie. Et également je pense que le confinement joue beaucoup sur tout ça parce que on est obligés de penser autrement et de revoir. Moi je me rends compte qu’avant j’étais tout le temps en train d’être dans l’action, tout le temps. J’étais tout le temps partie de chez moi je faisais des trucs à 100 à l’heure tout le temps, je créais des choses, quand j’avais pas le temps des associations, je gérais 15.000 trucs à la fois au point de m’essouffler et d’être fatiguée, d’avoir toujours un peu des problèmes (c’est encore le cas) mais des problèmes de sommeil, des problèmes de digestion, des choses de stresse. Et bon je ne dirais pas que quelqu’un de zen encore, je n’en suis pas du tout là, mais j’ai l’impression que le confinement et le fait de se poser plus d’être obligée de rester chez soi, d’être obligée de ralentir parce qu’il n’avait pas le choix, et bien ça m’a vachement aidé en fait à accepter que c’est pas grave si je fais une soirée où il ne se passe rien où je ne suis pas tout le temps dans l’action et de prendre plaisir à des choses simples. J’ai deux petites filles et je me rends compte que j’ai tendance à être là sans être là avec elles, parce que tout le temps dans trop de projets, trop d’actions, trop de choses. Et là je commence vraiment à être là complètement quand je suis avec elles, à prendre le temps d’être là, et pas partie dans trop de choses en même temps dans ma tête.

– Je m’identifie vraiment beaucoup dans tout ce que tu viens de dire là sur la vie un peu à cent à l’heure avant, plus pour essayer de ne jamais avoir de pause dont jamais avoir le temps de trop penser ou de trop me retrouver seul avec moi-même. J’étais vraiment tout le temps à fond. Et le premier confinement m’a terrorisé complètement parce que du coup j’allais être enfermé dans un petit studio parisien et que ça allait être vraiment une galère. Mais au final maintenant j’ai beaucoup appris de moi, et j’apprends à me reposer et à être vraiment plus dans l’instant présent. Ça fait du bien aussi.

– Oui. C’est pas facile pour tout le monde mais ça fait un coup de pied aux fesses pour s’obliger à le faire quoi.

– Ouais, ça me fait beaucoup de bien là je vois un gros changement depuis… Bah c’était il y a plus ou moins un an aujourd’hui je crois qu’il y a eu le premier confinement et ça m’a fait beaucoup de bien là. Il y a eu un gros changement cette année.

– Oui moi aussi je le ressens. Je pense c’était une évolution qui devait arriver mais que ça l’a précipitée.

– On s’est pris un coup de pied dans les fesses.

– C’est ça, on n’avait pas le choix.

– Autant bien le vivre !

– Après je me pose des questions sur pourquoi ce besoin de toujours être en fuite par rapport à l’introspection. Alors à des moments je me dis « ça se trouve j’ai vécu un traumatisme dont je ne me souviens pas dans mon enfance qui fait que je ne veux jamais me retrouver face à moi-même, mais en fait je crois pas. Je suis même sûre que non. C’est un peu incompréhensible pour moi ce besoin de toujours fuir le fait de se retrouver…

– Sans rien. Enfin les soirées où on fait rien c’est vrai que c’est terrorisant. C’était terrorisant.

– C’est vrai que des fois c’est maladif. Des fois je me retrouvais dans des modes d’addiction fasse à des jeux jeux débiles comme Candy Crush Saga, des trucs comme ça, parce que ça m’occupait la tête quoi. Je me sentais dans l’action. Il y a encore des trucs que je n’arrive pas à faire par exemple mes enfants mangent assez lentement et quand moi j’ai fini de manger je n’arrive pas à rester à table à rien faire. Même si on parle et tout ça, j’ai besoin de me lever et de faire des trucs. Ça m’énerve parce que c’est bête, je peux les attendre. Et il y a encore des moments comme ça où je me sens trop speed dans le sens que je n’arrive pas à rester inactive.

– Il y a des personnalités plus hyper-actives que d’autres.

– Et un truc que je fais mais que je n’arrivais pas à faire avant c’est des grandes balades seule. Avant je n’y arrivais pas parce que trop d’introspection, mais là je suis partie cinq jours à vélo la semaine dernière toute seule.

– Ah oui, grande balade !

– C’était la première fois que je le faisais. Mais du coup pour moi c’était deux défis. 1 : le côté physique parce que je ne suis pas une grande sportive.

– 5 jours à vélo faut les faire !

– Et le deuxième c’était le côté d’être seule pendant 5 jours, parce qu’en plus pas de bars ou de restaurants d’ouverts. Donc j’étais vraiment seule. Je dormais dans des chambres d’hôtel, mais je n’ai croisé personne pendant 5 jours. C’était vraiment un gros gros défi et je pense que je l’ai relevé avec succès. J’ai beaucoup apprécié.

– Tout s’est bien passé ?

– Ouais !

– Ça m’attire de faire ce genre d’expérience des fois. De partir comme ça. Et c’est même pas juste rester seul chez soi, c’est vraiment aller dans un moment de défi. Faut sortir de sa zone de confort.

– Si tu restes chez toi le problème je pense c’est que tout de suite tu vas te retrouver à être obligé de bosser, de ranger. Tu vas forcément trouver un truc.

– Alors que là on peut pas rester dans le quotidien !

– C’est ça. J’aurais pu rester plutôt chez moi mais je savais que je me remettrais encore cette pression de « il faut que je fasse ci, il faut que je fasse ça ». Alors que là non, je ne pouvais pas.

– C’est une bonne idée. Je vais essayer un truc comme ça. Peut-être pas cinq jours à vélo.

– Ça peut être de la marche, c’est le fait vraiment de quitter. Moi le côté itinérant me plaît énormément, d’avoir ce sac et puis de…

– D’aller un peu où le vent nous porte.

– Bon là j’ai fait un peu un itinéraire pour me rassurer.

– C’est ce que j’allais dire j’ai fait un truc comme en Amérique du Sud ça m’a stressé comme jamais !

– Mais du coup avant de partir j’avais le gros dilemme entre est ce que je prévois tout, genre les repas à l’avance, où je dors, etc., ou alors est-ce que je profite de cette liberté de me dire on verra bien où je suis mais du coup ça me stressait aussi de me dire oui mais si jamais je ne trouve pass d’hôtel ouvert. Et du coup j’étais vraiment entre ce besoin de maîtriser le truc et l’envie justement de lâcher pour maîtriser le moins possible, pour avoir plus de liberté. J’ai un peu jonglé entre les deux mais maintenant que je l’ai fait une première fois je pense que si je le refais j’arriverai plus.

– Oui, le changement ne vient jamais d’un coup !

– On verra bien, et puis je trouverais forcément un endroit où dormir. Je ne suis pas une grande aventurière donc ça me rassurait quand même.

– Ça donne plein d’idées en tout cas. Je me vois sur mon petit vélo là ça y est.

– Je te le conseille ! Après c’est mieux quand il fait pas trop froid et c’est mieux quand les bars et restaurants sont ouverts.

– Oui parce que les pauses c’est cool quand même aussi !

– Du coup je roulais un peu tout le temps parce que quand je m’arrêtais j’avais froid quoi.

– C’était dans quel coin ?

– Dans le Calvados, en Normandie.

– D’accord.

– Voilà donc ça c’était ma dernière expérience. Mais globalement je pense que c’est vraiment important de savoir qui on est et que si on n’a pas certaines clefs on ne peut pas trop y arriver.

– On n’arrive pas à se trouver du jour au lendemain, c’est par étapes.

– Oui. À un moment j’ai ressenti de la colère. Du soulagement et de la colère de pas avoir su avant. D’avoir dû attendre 40 ans pour passer le test, pour avoir cette piste-là parce que je pense que quand on le sait plus tôt, quand on est enfant tout ça… Enfin moi quand j’étais enfant (j’ai eu une enfance heureuse) mais j’ai eu beaucoup de mal dans les relations sociales notamment au collège où je n’étais quand même pas très bien intégrée. J’ai eu beaucoup de mal à m’intégrer ce n’était pas facile. Et je pense qu’on peut être d’avoir su ça plus tôt ça m’aurait un peu aidé.

– Oui. Et même si les relations sociales sont pas plus simples… Moi je l’ai su du coup j’avais 16 ans c’était au lycée, mais ça n’a pas vraiment amélioré mes relations sociales mais ça m’a vraiment déculpabiliser dans le fait que c’était pas si grave que ça et que ce n’était pas moi qui était vraiment trop bizarre non plus. J’ai pas fait plus d’efforts et ça m’a pas vraiment changé grand chose mais mais je l’ai beaucoup mieux vécu, plutôt ce sens là.

– Ouais je pense pas que ça change forcément mais que ça permet encore une fois de réussir à se placer quoi.

– Oui j’étais pas la star du lycée mais au moins je mettais des mots et j’arrivais à comprendre ce qui se passait, ça c’était bien. Ça m’a beaucoup aidé.

– Moi je regrette un peu de ne pas l’avoir su avant. Même du coup en tant que parent c’est bien de savoir ce que c’est pour pouvoir éventuellement aider ses enfants. Pour l’instant mes filles sont très vives. Une des deux j’ai des gros doutes sur son haut potentiel mais je n’ai pas de certitude et je me dis que tant que tout va bien je ne ressens pas le besoin de faire quoi que ce soit, mais si un jour il y a besoin je pense grâce à mes lectures et tout ça j’aurai plus les clefs pour l’aider.

– Si elle se pose des questions sur elle tout ça. En tant que parent c’est bien de savoir que ça existe parce qu’à plein de parents qui ne savent pas que ça existe.

– C’est ça, et je pense que ça a eu un impact aussi sur mon (vu que je suis enseignante aussi) sur ma vision des élèves. Là je suis vraiment en train de travailler sur la différenciation des cours c’est à dire de pouvoir proposer des tâches plus complexes et plus évolués aux élèves qui en ont besoin, et à la fois des tâches une simples et plus faciles aux élèves en difficultés scolaires qui en ont besoin aussi et d’avoir plusieurs niveaux comme ça de difficultés, de complexités pour permettre que personne ni ne soit perdu ni ne s’ennuie et je pense que ça aussi c’est quelque chose. On on a tendance parfois à mettre en place des choses pour les élèves en difficulté mais pas forcément pour ceux qui ne sont pas en difficulté.

– Pas pour ceux qui sont plus rapides.

– C’est ça. Donc c’est assez récent puisque ça ne fait pas longtemps que j’y réfléchi mais je suis en train de vraiment d’essayer de mettre ça en place, de différencier pour que chacun, et pas seulement juste « ah bah tiens toi t’es plus fort donc t’as qu’à aider les autres ». Et donc ça m’a aussi apporté ça dans ma vie professionnelle : de pense de mieux comprendre ce que c’est que le haut potentiel.

– Les élèves ont beaucoup de chance de t’avoir déjà il y a cette réflexion, c’est très bien !

– On verra si j’arrive à mettre ça en place, mais en tout cas j’y réfléchi.

– Ah bah ouais, c’est le début. Trop cool. Est-ce que tu voulais rajouter notre expérience ou c’est bon ?

– Non, je crois que c’est bon.

– Tout est bon. Super. Encore merci en tout cas ça m’a donné vraiment plein d’idées. L’idée de partir en solo quelques jours j’aime vraiment beaucoup. Je crois que je la garder dans un coin de la tête et le faire un jour. Mais j’aime beaucoup l’idée.

– Je te conseille de prendre un gros bouquin parce que moi j’avais un petit bouquin et je tombais pas sur les horaires d’ouverture des librairies.

– Il est vite parti !

– Et du coup j’essayais de le garder précieusement.

– On le lit lentement exprès.

– C’est ça, mais je n’aime pas lire lentement. Donc un conseil : prendre un gros bouquin pour les longues soirées de couvre feu. Du coup j’ai essayé il y avait des télés, alors j’ai essayé de regarder un petit peu mais j’ai rien trouvé à part un ou deux reportages Arte mais je trouvais ça vraiment affligeant.

– C’est pas fou la télé. Moi je ne l’ai même pas à l’appartement. Je ne trouve pas ça bien.

– Je n’ai pas de télévision et je me suis vraiment dit « ah bah je sais pourquoi j’ai plus de télé ! ».

– Je ne regrette pas de ne pas en avoir. Super. Bon. Et ben merci beaucoup Delphine encore merci d’avoir participé.

– Merci à toi, et puis merci pour ce que tu fais. Je pense que ça apporte beaucoup à plein de gens.

– J’espère ! En tout cas ça m’apporte déjà beaucoup à moi aussi donc rien que ça je m’aide tout seul. Bonne soirée à toi, bon début de couvre-feu.

– Oui, c’est ça. Je vais chercher les enfants à l’école !

– Ciao !

– À une prochaine !