Mémoire à Court Terme : comment le QI la protège du stress

 

Vous avez certainement déjà remarqué que chez certaines personnes les situations stressantes peuvent leur faire perdre complètement leurs idées. Et à l’inverse, chez certains, ce même stress peut booster la mémoire à court terme. C’est bizarre non ?

Du coup, est ce que c’est quelque chose qui peut se travailler ? Ou alors est ce qu’il existe quelque chose qui permettrait de prédire l’impact négatif de ce stress sur notre mémoire de travail ? Vous vous en doutez, c’est très difficile de répondre à ces questions parce que ça nécessiterait d’interroger des centaines de personnes. Mais heureusement, un chercheur l’a fait ! Et accrochez-vous bien : il a découvert que c’est votre score de QI qui protège votre mémoire à court terme du stress. Dans cet article, je reviens sur cette incroyable découverte.

Je m’appelle Paul, et mon haut potentiel a été détecté il y a plus de dix ans maintenant. Aujourd’hui, je partage ce que j’ai appris depuis pour aider les petits nouveaux.

NB : cet article est la transcription de la vidéo ci-dessus.

La Mémoire à Court Terme ou Mémoire de Travail

Je voulais vous parler aujourd’hui de l’expérience qui a été réalisée par le chercheur Adam Chuderski.

Cognition and Emotion

Avant d’aller plus loin je voulais, vous faire un petit rappel sur ce que ce qu’est la mémoire de travail (ou la mémoire à court terme). C’est celle qu’on utilise pour se rappeler des informations mettre différentes informations en commun, pour se rappeler quelque chose sur une courte durée.

Par exemple, quand on note un numéro de téléphone dans notre téléphone. Entre le moment où la personne nous donne le numéro et le moment où on le note, on s’en souvient. On utilise notre mémoire à court terme. Mais une fois que c’est fait, pouf on l’efface !

C'est celle qu'on utilise pour se rappeler des informations mettre différentes informations en commun, pour se rappeler quelque chose sur une courte durée

C’est aussi ce qu’on utilise par exemple pour comparer deux documents qu’on est en train de lire. On utilise notre mémoire de travail (notre mémoire à court terme) pour mettre tout en commun, s’en souvenir durant un court laps de temps : le temps du travail. Mais après on l’oublie.

Généralement on mesure cette capacité de mémoire en fonction du nombre d’éléments qu’on peut retenir. Par exemple sur une grande suite de nos nombres, comme si on vous fait lire π. Il faudra retenir le plus de nombres possibles. Plus vous entretiendrez, plus on dira vous avez une mémoire de travail grande.

Mémoire de travail en fonctionnement

Elle fonctionne principalement lorsqu’on porte toute notre attention sur la chose en question. Essayez par exemple de retenir le numéro de téléphone de quelqu’un tout en discutant d’autre chose : vous verrez que c’est très compliqué, que vous n’arriverez pas le noter dans votre téléphone.

Il faut se concentrer pour faire fonctionner sa mémoire

Le problème qu’on rencontre, c’est que le stress et l’anxiété viennent embêter cette concentration sur la tâche. On pense à d’autres choses, on a la tête ailleurs, on stresse. Et puis des fois on stresse même du fait de ne pas réussir à faire la tâche alors que c’est ce même stress qui nous empêche de la réussir.

Le stress empeche de se concentrer

L’expérience de Chuderski

Bref, on en revient à l’expérience. Qu’est-ce que Adam Chuderski a fait ? En fait, il est parti de l’hypothèse que c’est l’intelligence qui a quelque chose à voir avec l’impact du stress sur la mémoire de travail.

Donc il a pris 525 participants (qui étaient volontaires).

Il leur a fait passer les Matrices de Raven. Ce sont des tests un peu comme on le voit dans l’exemple. Vous avez trois formes et il faut deviner comment va être la quatrième. On vous fait plusieurs propositions il faut deviner comment va être la quatrième. Ça permet plus ou moins de se donner une idée du quotient intellectuel de la personne.

Ensuite, il leur a fait passer des questionnaires pour évaluer leur niveau d’anxiété. On leur a posé des questions, et ils disaient eux-mêmes comment ils se sentaient (stressés, anxieux, etc.).

Et enfin, ils ont fait plein d’exercices différents pour faire travailler leur mémoire de travail.

Matrices de Raven

Le QI protège la mémoire à court terme

Quels ont été les résultats ? Alors je vous ai fait un joli diagramme / schéma.

Ils ont découvert en fait que plus les participants étaient intelligents (plus avait un haut QI grâce aux matrices de Raven), moins le stress avait un impact sur leur mémoire de travail.

Par exemple, si on prend le gars qui se situe sur le point bleu, on voit que globalement son intelligence est plutôt basse il a eu un score faible au test de QI. Du coup, s’il était stressé ce stress aurait eu un grand impact sur sa mémoire de travail.

Par contre, si on prend ce monsieur situé au point jaune, on voit que lui il a eu un QI plus élevé que Monsieur Bleu. Mais par contre, le stress de Monsieur Jaune va moins impacter la mémoire de travail.

Le stress impacte la mémoire de travail

Les stratégies cognitives du haut potentiel

Alors Chuderski a essayé de comprendre tout ça. D’où est ce que ça vient ? Pourquoi ça fait ça ? Il voulait comprendre les raisons. Lui et son équipe en ont déduit deux conclusions. Honnêtement, je trouve qu’elles se tiennent donc dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.

Les hauts potentiels ont conscience de leur stress

La première, c’est que les personnes à haut potentiel ont conscience de leur stress, du fait qu’elles sont anxieuses, et que ça joue sur leur mémoire à court terme (que ce stress joue sur leur mémoire à court terme). Du coup, vu qu’ils ont conscience de ça, ils sont encore plus motivés à bien faire et il se surmènent. Par contre, les personnes qui sont un peu moins intelligentes ne se rendraient pas compte de cet impact (que le stress impacte la mémoire à court terme). Du coup, elles ne font pas d’efforts supplémentaires et, finalement, leurs performances baissent.

Les hauts potentiels utilisent d’autres stratégies cognitives

Deuxième conclusion du chercheur : l’anxiété fait baisser la mémoire de travail de tout le monde de la même intensité. Cependant, les personnes à haut potentiel vont utiliser d’autres stratégies cognitives pour compenser : l’imagination, la mémoire à long terme, l’apprentissage sur le tas, etc. Finalement, elles arrivent à contrebalancer cette perte. Ce que ne font pas les personnes avec une scores de QI plus bas.